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Vous n’aurez pas ma haine,
Antoine Leiris

Vous n’aurez pas ma haine, c’était une lecture improvisée. Un roman qui sommeillait dans ma liseuse, que je ne savais pas très bien comment aborder. Je ne me sentais pas prête, pas encore, pas déjà. C’était il y a si peu de temps. Mais pourtant, il m’est apparu urgent de le découvrir, comme un devoir…

Le résumé

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l’horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n’aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n’a qu’une arme : sa plume. L’horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre dans ce témoignage poignant.

Mon avis

Vous le savez, je suis Parisienne. Les attentats de Paris, je les ai vécus de l’intérieur. J’étais à Paris lorsque l’on a tiré sur Charlie. J’étais à Paris quand tous ces gens ont été pris en otage. Et le soir du 13 novembre, je n’étais pas à Paris, non… mais au Bataclan, il y avait des gens que je connaissais, plus de loin que de près, mais qui faisait tout de même partie de ma sphère de connaissances…
Il y a peu de temps, on m’a proposé de lire un roman au sujet des attentats. Mais je n’étais pas à l’aise avec cette idée. Parce qu’il ne me paraît pas respectueux d’écrire une fiction à ce sujet aussi tôt, parce que j’ai l’idée que l’on se fait, par ce procédé, de « l’argent » sur le dos des victimes et de leurs meurtriers. Ici, tout est différent. C’est un récit. Un témoignage. Un homme qui n’y était pas, mais qui y a perdu sa femme.

Dès lors, comment vous parler de ce livre ? Qui suis-je pour oser juger de la souffrance des autres, avec mes « gros sabots de vivante » ? En vérité, on pense savoir, on voit l’horreur. Mais on ne peut pas la partager, on ne peut pas la vivre autant qu’Antoine et que Melvil. Et tous les mots que nous tenterons de leur apporter, tout le courage que nous pourrons leur souhaiter, le soutien que nous leur témoignerons… rien, jamais ne soulagera leur douleur.

J’ai beaucoup de respect pour Antoine Leiris. Lui-même explique qu’il ne se voit pas comme un héros. Qu’on le décrit comme un sur-homme mais qu’il ne pense pas correspondre à cette description. Pourtant… comment résister à la haine quand des hommes aussi fous vous prennent les personnes que vous aimez ? Au nom de quoi, surtout ?

Il est difficile de parler de ce récit, tant il est prenant, poignant, saisissant. Tant il m’a prise à la gorge et ne m’a pas lâchée. Alors, je vais laisser Antoine Leiris s’exprimer sur le sujet, car il le fait beaucoup mieux que moi.

En conclusion

Si vous vous sentez prêts, lisez ce récit. Il n’y a pas de mots à ajouter à la poésie qu’il s’en dégage. A la force de cet homme, qui n’en a pas conscience.

Notation 7 Inoubliable

La Parisienne

0 réponse

  1. En effet c’est tellement difficile de trouver les mots pour parler de ce récit. Je crois qu’il faut tout simplement le lire et s’enrichir de tout ce qu’Antoine Leiris porte en lui.

  2. C’est aussi ce que j’aime avec ton blog, tes lectures : nous faire découvrir des témoignages, et autres lectures avec un contexte engagé. Celle-ci me paraît indispensable pour le coup.

  3. Je l’ai dans ma PAL depuis quelques temps déjà, j’ai bel et bien commencé à le lire, mais je l’ai vite reposé. Je ne peux pas le lire pour l’instant même si, comme dit Bénédicte, c’est un texte indispensable. Je le reprendrai, c’est certain, mais quand?

  4. Un livre que j’aimerais beaucoup lire, même si je ne sais pas si je suis encore prête à le faire comme tu le dis dans ta chronique.
    Comme toi, j’ai un ami qui était au Bataclan lors de cette sinistre soirée. Il y a perdu sa copine. Alors même si je ne suis pas touchée personnellement par ce massacre, le voir et lui parler fait mal.
    De même, j’ai des amis qui étaient à Nice le 14 juillet.
    Tout ça pour dire que ce texte me donnait déjà très envie d’y plonger pour essayer de comprendre ce que mes proches ont vécu, pour pouvoir peut-être leur apporter un peu plus de réconfort.
    Ta chronique est touchante et je pense que je l’achèterai prochainement.

    1. Tu es touchée, nous le sommes tous… ma pauvre, je n’ose imaginer ce que ton ami doit ressentir… Tu en as déjà parlé avec lui ? Ca doit être horrible…
      J’espère que tu aimeras cette lecture, je ne vois pas comment ça ne pourrait pas être le cas de toute façon.

      1. Ces évènements touchent tout le monde de toute façon, directement ou indirectement. On ne peut pas rester de marbre.
        J’en parlais au tout début avec mon ami, mais maintenant je n’ose plus vraiment. Il est traumatisé, même s’il essaie de continuer à vivre.
        Si je le lis, je te dirai ce que j’en ai pensé.

  5. Même s’il y a de grandes chances pour que je pleure toutes les larmes de mon corps en lisant ce témoignage, je pense qu’il est important (pour moi, personnellement) de le lire. Et je suis tout à fait d’accord avec ce qu’il dit : ces personnes ne doivent pas avoir notre haine. On a besoin de témoignage comme celui-ci, qui nous appelle à rester soudés.

  6. Rien que le titre est percutant ! Pour ma part, j’ai besoin de ce genre de témoignage. Pour me dire que tout n’est pas perdu pour l’humanité, que des hommes (et femmes) continuent de se battre contre l’horreur et l’injustice. Je note ce livre dans ma wish list !

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