Les enfants sont rois
Delphine de Vigan

Le résumé

« La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité.  » On dirait une enfant « , pensa la première, « elle ressemble à une poupée », songea la seconde. Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire ».
A travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

Mon avis

En commençant ce roman, je ne m’attendais pas à être autant happée. C’est bien simple : à partir du moment où j’ai commencé à en lire les premières lignes, je n’ai pas pu m’arrêter, et les quelques pauses que je me suis accordées étaient obsédées par l’idée de revenir à ma lecture. J’avais une envie dévorante de connaître la suite et ce sentiment ne s’est calmé qu’à partir du moment où j’ai lu les dernières lignes du dénouement. Bref, j’ai adoré.

C’est un monde que je connais et que j’observe avec distance qui est ici disséqué. Dès le départ, on rencontre Mélanie qui est le produit de notre siècle. Adepte des réseaux sociaux, elle met en scène ses enfants et nous, pauvre lecteur, assistons complètement impuissant à la détresse de cette petite fille emprisonnée dans le monde que sa mère a entièrement bâti autour d’elle. C’est assez saisissant de se sentir aussi démuni face à sa tristesse. On a presqu’envie de secouer Mélanie pour lui ouvrir les yeux, tant son égoïsme semble immense, et pourtant la mécanique est en marche.

Le roman est très bien construit et j’ai tourné avec beaucoup d’avidité les pages, le souffle court. J’ai profondément aimé les réflexions qu’il apporte, même si j’ai trouvé le ton de l’autrice très accusateur et un peu sans concession pour Mélanie qui, au fond, est un personnage assez stéréotypé. Ce traitement aurait peut-être mérité plus de nuances.
Il est bien rare de se confronter au sujet des réseaux sociaux en littérature, et c’est pourtant un sujet d’actualité. J’ai trouvé intelligent de l’aborder via l’angle de l’enfance, parce que c’est une problématique sur lequel on manque cruellement de recul et qui, à mes yeux, risque d’avoir un impact que nous ne maîtrisons pas encore et qui m’effraie beaucoup. Nous qui avons grandi en voyant les réseaux sociaux voir le jour, nous ignorons tout de ce monde dans lequel votre image existe bien avant que vous en ayez conscience.

En conclusion

Ce roman aborde des problématiques actuelles encore méconnues en littérature, et j’ai adoré découvrir le traitement qu’a réservé Delphine de Vigan à ses personnages. Même si l’héroïne est un peu trop stéréotypée à mon goût, j’ai trouvé passionnant de découvrir l’enquête et l’éclairage que l’autrice lui accorde. C’est un roman puissant que je vous recommande chaudement. Plusieurs jours après l’avoir terminé, il continue de me hanter. Il est sûr que ce roman me poursuivra très longtemps, je ne suis pas prête de l’oublier.

Mélusine

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