La Perle et la Coquille,
Nadia Hashimi

Difficile d’échapper à ce roman qui a beaucoup fait parler de lui et a suscité énormément de réactions au moment de sa sortie. J’ai pourtant attendu avant de l’acheter, un après-midi de juin, en compagnie de Pretty Books ! Je m’attendais à une lecture forte et éprouvante, et je ne m’étais pas trompée.

Le résumé

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses soeurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Mon avis

Il est de ces livres que nous n’avons même pas besoin d’ouvrir avant de savoir qu’ils seront inoubliables. Et La Perle et la Coquille est de ceux-là. À l’heure où se tape ma chronique, je viens à peine de refermer les dernières pages de ce roman qui m’a bouleversée, et j’hésite quant au comportement à adopter (Fiona pourra témoigner) : pleurer ? arrêter tout et méditer pendant trois heures sur la claque que je viens de me prendre ? ou simplement continuer à vivre en remerciant le ciel de m’avoir fait naître dans ce pays ? Probablement les trois, oui.
Je me sens hébétée, choquée, et un peu perdue après cette lecture. Je me sens même un peu vide, après un tel shoot émotionnel. Je ne sais plus où j’habite, dans quel pays je vis, tellement j’ai partagé les moments douloureux de l’existence de Shekiba et Rahima, avec elles. Je crois que je ne serai plus jamais la même après avoir lu un tel livre.

Ce roman, c’est l’histoire de deux destins, de deux naseeb : celui de Shekiba, au début du XXème siècle, et celui de Rahima, une basha posh des années 2000. Un siècle les sépare et pourtant, toutes deux subiront les mêmes châtiments pour avoir eu le malheur de naître femmes.
À travers ces deux vies racontées parallèlement, Nadia Hashimi aborde des sujets douloureux et plus que tout actuels pour de si nombreuses femmes en Afghanistan. C’est une lecture dure et éprouvante, car l’auteure, à l’image de ses protagonistes, ne nous ménage pas. Un roman qui parle de mariage forcé, de viol, de violence conjugale, de misogynie, de lapidation, mais aussi de pouvoir, de guerre d’influence, de politique par la force… Un roman qui aborde le sujet de la condition féminine sous toutes ses facettes dans un pays qui bafoue autant les droits de la femme.

Nadia Hashimi signe ici un roman très dense, très intense, et plus que tout magnifiquement bien écrit, qui nous immerge dans le quotidien de ces femmes si fortes, et qui se sentent pourtant si impuissantes…
Jusqu’à la fin, j’ignorais quelle conclusion l’auteure allait donner à ces deux femmes. L’espoir était-il encore permis pour Shekiba, la femme cadeau ? Et Rahima, qu’allait-il advenir d’elle ? Deux questions qui restent quelque peu en suspens…
Une lecture qui rejoint sans hésiter le rang de mes romans préférés. Une lecture qui bouleverse et qui nous permet de reconsidérer la chance que nous avons de vivre dans un pays tel que la France. Une lecture qui donne envie de se battre pour que toutes les femmes du monde entier jouissent des mêmes privilèges que nous.

En conclusion

La Perle et la Coquille est une lecture qui laisse ses traces. Un roman plus que poignant et bouleversant, c’est un livre qui marque assurément une vie. Le récit incroyable de deux femmes, qu’un siècle sépare, et qui pourtant subissent les mêmes maux de la domination masculine, parce qu’elles ont eu le malheur de naître femmes. Un roman à lire, à relire, à offrir.. à tous. Énormissime coup de coeur.

Notation 7 Inoubliable

La Parisienne

0 réponse

  1. Je connaissais le titre de nom, sans trop savoir de quoi ce roman pouvait bien parler. Tu as éclairé ma lanterne 😉
    J’imagine que oui, c’est un livre qui ne s’oublie pas une fois lu… Je tenterai sûrement un jour, quand je me sentirai prête. Il faut aussi que je découvre la plume de Khaled Hosseini (avec Les cerfs-volants de Kaboul notamment) mais ça fait déjà plus d’un an que c’est au programme ! Bref, il va falloir que je m’y mette. Bisous à toi Mélusine <3

  2. Fut un temps je lisais beaucoup de témoignages et de romans sur des femmes du bout du monde… J’avais adoré les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra par exemple. Ce sont des lectures fortes, qui nous apprennent beaucoup et nous marquent. Je lirai peut-être ce livre. 🙂

  3. Je l’ai dans ma PAL.
    Mais je découvre Nadia Hashimi grâce à son nouveau roman. Je suis en pleine lecture de Si la lune éclaire nos pas et je sais d’ors et déjà que ce livre va me marquer.

          1. C’est très pratique car cela permet de lire des livres en avant première sans être partenaire des ME. Si tu as des questions, je peux peut être t’aider 🙂

          2. Merci 🙂 En fait on m’a envoyé un titre mais je ne sais pas comment récupérer l’epub. J’ai une Kobo. Mais il faut dire que je ne me suis pas beaucoup penchée sur la question donc ma question est peut-être idiote.

          3. Non je peux très bien comprendre. Je peux t’aider car je passe aussi par ma KOBO. Il faut que tu télécharges le fichier pub tatoué. Ensuite sur ton ordinateur, tu es obligé de passer par un logiciel qui va ouvrir l’epub, c’est Adobe Digital Edition. Tu n’as plus qu’à connecter ta KOBO et faire glisser l’epub sur ta KOBO reconnu par le logiciel.
            Je crois que je ne suis pas très claire donc si tu as des questions, n’hésite pas 🙂

  4. Ce livre m’a marquée comme peu de romans l’ont fait. C’est un sujet qui me touche toujours en plein coeur et je n’avais aucun doute quant au fait qu’il en serait de même pour toi. Vivement le mois prochain, cela fait un an que j’attends de retrouver sa merveilleuse plume et ses textes si forts, je vais me jeter sur le nouveau roman publié!

  5. On en a brièvement parlé, et il rejoint directement ma Wish-List ! J’aime beaucoup ce genre de témoignages. J’avais lu « La muette » il y a longtemps déjà, et il m’a marqué au fer rouge.

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