La deuxième femme
Louise Mey

Cette lecture m’a chaudement été recommandée par une amie qui travaille chez Lattès. Connaissant l’existence du Club de lectures féministes et mon affinité pour des sujets engagés, elle m’a affirmé que je ne pouvais absolument pas passé à côté de ce roman. Et elle a eu raison ! Merci Elise pour cette lecture.

Le résumé

Sandrine ne s’aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Timide, mal à l’aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues.
Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu’il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, reconnaissante, se glisse dans cette absence, fait de son mieux pour redonner le sourire au mari endeuillé et au petit Mathias.
Mais ce n’est pas son fils, ce n’est pas son homme, la première femme était là avant, la première femme était là d’abord. Et le jour où elle réapparaît, vivante, le monde de Sandrine s’écroule.

Mon avis

Dans ce roman, nous entrons dans les pensées intimes de Sandrine. Une jeune femme qui a trouvé l’amour, qui se trouve un peu trop grosse, et qui est tellement amoureuse qu’elle ferait tout pour l’homme qui pleure. Elle est la deuxième femme, celle qui suit la première dont on sait peu de choses si ce n’est qu’elle a mystérieusement disparu.
Voilà les éléments dont dispose le lecteur en ouvrant ce récit pour le moins perturbant. Dans ce roman, nul dialogue, nous sommes entièrement dans les pensées de Sandrine et ce voyage est nécessaire, comme vous le constaterez si vous suivez mon conseil et ouvrez ce livre.

Pourtant, plus le récit s’installe, et plus nous apprenons des choses sur Sandrine et sur l’homme qui pleure. Des choses glaçantes, des choses qui remuent, des choses qui ne laissent pas indifférents.

Autant vous le dire tout de go : j’ai adoré ce roman. Déjà, je trouve sa narration incroyablement intelligente. C’était précisément le mode de narration qu’il fallait pour comprendre l’engrenage, et Louise Mey réussit avec brio ce tour de magie qui consiste à ce que le lecteur ne soit pas dans le jugement, d’emblée, mais dans la compréhension de la protagoniste.

Ce roman m’a énormément travaillée lors de ma lecture, et même bien après. J’en ai d’ailleurs fait des cauchemars, c’est dire à quel point son effet a été fort. Je ne saurais vous dire à quel point ce livre est fin, juste, et brillant. C’est un roman à lire absolument.

En conclusion

La deuxième femme est un récit surprenant, déroutant, mais nécessaire. Sa forme narrative peut gêner, mais c’est d’une habileté incroyable. Je ne peux que vous recommander de foncer vers cette lecture prenante, très ancrée dans l’actualité. Un roman qui dénonce la société dans laquelle nous vivons avec brio.

La Parisienne

4 réponses

  1. Merci pour cette chronique intriguante. Je vais essayer de le lire, j’aime beaucoup me plonger dans les psychologie de personnages vivant des histoires relationnelles complexes et hors des clichés !

  2. Bonjour
    Je viens également de fermer ce roman que j ai trouvé incroyablement fin et subtil. Le côté insidieux de la relation a très bien été mis en perspective dans la narration.
    Je me pose des questions sur Sandrine et j aimerais vous en faire part mais j ai peur de trop en dire sur ce commentaire pour ceux qui n auraient pas lu le roman…
    Très bonne journée 😊

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