Enfuir l’hiver,
Catherine Ecole-Boivin

Il y a parfois des livres comme ça qui vous appelle, parce que la couverture et le titre vous interpelle, parce que le résumé vous séduit… J’avais repéré cette lecture un peu à l’aveugle, lors d’une masse critique Babelio, et je me suis laissée convaincre par l’aspect « secrets de famille » que j’aime toujours beaucoup. Merci aux éditions Presses de la Cité et à Babelio pour l’envoi de ce roman.

Le résumé

Elle est « la chose », une fillette dont on ne prononce pas le prénom et qui grandit, condamnée, dans le silence et le froid d’une ferme cotentine. C’est dans une nature puissante que, devenue jeune fille, elle va libérer sa force de vie.
C’est la dernière des Kermadec. Elle sera « la Chose », fillette damnée, qui grandit dans le silence et le froid d’une cave…
1931. Aëlle et Madalen Kermadec, ravissantes Nantaises, rencontrent à la faveur d’un bal champêtre dans la presqu’île du Cotentin les vieux garçons Valvachet. Ils se marient d’un bel amour. Au côté de Roland, potier, Madalen s’épanouit dans son métier d’institutrice à Barfleur, tandis qu’Aëlle rejoint Auguste dans sa ferme isolée entre lande et falaises. Mais dans ses cartes, la voyante Thilda pressent un drame qui va marquer toute une famille du sceau de la honte et du secret…
Ce roman bouleversant sonde les passions de l’âme humaine tant dans leur violence que dans leur infinie bonté.

Mon avis

Il y a des thématiques comme ça, dans les romans, qui m’interpellent et qui me font foncer tête baissée dans une lecture sans rien savoir du contexte, de l’auteur, sans avoir d’avis, juste en écoutant mon coeur. Parfois, ce sont des bonnes surprises, parfois des déceptions. Les thèmes des secrets familiaux regorgent pour moi de surprises et de twists en tout genre qui me font souvent apprécier ce type de lecture. C’est pour cette raison que je me suis tournée vers ce titre lors de la masse critique Babelio.

Le bilan de cette lecture ? En demi-teinte. Il y a du bon et du moins bon.
Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé les personnages de cette famille. En dehors de la Chose, ils ont tous leurs défauts, leurs qualités, et l’Histoire laisse une marque sur leur corps et leur esprit (amen). Ces deux frères, et surtout ces deux soeurs, mesdames les épousées, m’ont fait passer par une palette de sentiments assez large et nuancée. Mon coeur s’est serré à la lecture de leurs aventures, et j’étais loin de m’imaginer ce que me réservait l’auteur sur leur sort commun.
Ce que j’ai préféré, dans ce roman, ce sont ces secrets que l’on nous promet en quatrième de couverture, et qui constituent pour moi une promesse tenue. Après tout, quelle famille n’en a pas ? Avec le contexte de la guerre, il faut avouer que le terrain était plutôt propice à une histoire très marquante.

Et puis, il y a cette histoire de voyance, d’héritage culturel. Que l’on y croit ou non, les prophéties régissent et ponctuent le récit au fil des pages. J’ai aimé ce petit don de Thilda, d’Imanol.

En revanche, je déplore un gros point négatif dans ma lecture : le mode de narration, et surtout l’écriture à laquelle je n’ai pas réussi à adhérer. Des phrases trop longues, trop alambiquées, un style un peu trop métaphorique par moment, trop imagé, trop… parfois trop éloigné du sens premier. J’aime quand les choses sont poétiques, ça oui, mais j’aime aussi quand les choses sont claires. Et parfois, elles ne l’étaient pas, et je devais relire certaines phrases deux à trois fois. J’ai donc eu du mal à entrer dans le roman, à me concentrer, et j’ai même très clairement sauté des passages à de nombreuses reprises.
Par ailleurs, j’ai un peu moins accroché à ces entre-chapitres racontés du point de vue de la Chose. Le résumé nous promet de nous concentrer sur ce personnages qui devient presque secondaire. Je ne suis pas sûre que j’aurais fait ce choix de la mettre en avant, de raconter son existence et de tout faire partir de là. Peut-être suis-je trop habituée aux modes de narration plus classiques… J’aurais aimé une diégèse plus linéaire, finalement.

En conclusion

Dans ce récit empreint d’un autre temps, nous faisons face à des personnages intéressants, liés par un secret de famille d’une noirceur insoupçonnée. Entre surprises et rebondissements, cette lecture remplit son rôle promis par la quatrième. Cependant, je regrette une narration à laquelle j’ai eu beaucoup de difficultés à adhérer.

Notation 3 A ranger dans la biblio

La Parisienne

0 réponse

  1. J’attendais justement ta chronique sur ce roman vu que nous avions commencé à en parler l’autre jour.
    Je vois ce qui te dérange dans le roman et je l’imagine bien légitime. Comme toi, tu le sais, je me laisse parfois guider par un livre sans trop savoir pourquoi. Des fois ça marche, des fois moins. Je note quand même que les personnages ont su retenir ton attention et te faire ressentir diverses émotions, c’est déjà un point positif. Dommage donc que le style ait pu alourdir et même perturber ta lecture.

    1. Tu résumes très bien ce que j’ai pensé de cette lecture. Il y a du bon et c’est dommage car l’histoire en elle-même m’a vraiment plu. Mais il n’y a pas que cela dans un roman….

  2. C’est assez nécessaire pour moi que la narration soit fluide. Si c’est Proust, je lui pardonne de bon coeur parce que je sais sur le moment que je n’aurais pas une lecture reposante mais réfléchie, sinon, j’ai un peu plus de mal parce que j’aime pas vraiment sentir que je fais un effort à ce niveau…
    Je ne m’attarderai pas plus que cela sur ce roman 🙂
    Victoire

  3. Je l’avais repéré moi aussi, et puis finalement je me suis laissée tenter par le livre historique sur le Second Empire (ce qui n’a rien à voir, mais j’aime tout autant l’historique que la thématique des secrets de famille tout comme toi). L’histoire a l’air forte. Mais je t’avoue avoir aussi beaucoup de mal lorsqu’une plume se fait trop métaphorique… J’avais eu le même « problème » avec Toni Morrison (qui rencontre pourtant beaucoup de succès avec ses romans). Donc là pour le coup, je ne sais pas si je tenterai ou non.
    Gros bisous <3

  4. On en avait discuté, et je crois que je ne vais pas me pencher vers cette lecture du coup 🙂 Je pense que je n’accrocherais pas. Quoi que parfois, on a de belles surprises 🙂

    1. C’est vrai 🙂 Après tu peux tenter, parfois tu sais on a des goûts différents et ça pourrait te plaire malgré tout. Si tu tombes dessus en librairie, feuillette les premières pages 😉

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