Avant le COVID 19 (oui, j’ai décidé de dire « le » covid, par exaspération de genrer tous les maux du monde au féminin), ma routine de lecture était bien huilée. Et même si ma vie de blogueuse avait pris sa respiration le temps de quelques mois, je n’avais pas pour autant cessé de lire. Et puis mars 2020 est arrivé et à partir de cela, j’ai vu mes habitudes de lectrice complètement chamboulées. Je vous explique pourquoi.

Printemps

En mars 2020, il a fallu complètement réorganiser ma façon de travailler. Je suis passée, comme la plupart d’entre vous, d’une journée ponctuelle de télétravail quand nécessaire à 100% de travail en distanciel. Mon boulot s’est invité à la maison, dans mon cercle intime, j’ai dit adieu à ma vie sociale (que je n’ai toujours pas retrouvée à l’heure actuelle) et bonjour aux horaires à rallonge. Pour moi, pas de chômage partiel (et heureusement) : j’ai eu la chance de pouvoir travailler à temps plein, ce qui a rendu mes journées bien chargées. Un peu trop pendant quelques mois d’ailleurs. Pendant tout le premier confinement, je n’ai pas lu un seul livre, que ce soit pour moi ou pour le boulot. La lecture n’a tout simplement pas trouvé sa place dans mon nouveau rythme. Et cela, quasiment jusqu’au mois de juin.
Déjà, il faut dire que je n’ai pas été confinée seule : avec un amoureux et un petit chien, je n’avais pas le loisir de m’ennuyer. Comme tout le monde, j’ai beaucoup cuisiné, j’ai fait des apéros zoom avec ma famille et mes amis, je me suis mise à TikTok, on a acheté une wii et on y a joué. Beaucoup. Et puis on a commencé (et terminé) les 5 saisons de Lucifer, j’ai vu et revu mes films préférés… bref : pas l’ombre d’un bouquin.

Finalement, pendant cette longue période, les livres n’ont pas été pour moi un refuge ou une porte de sortie. Je n’en avais aucunement envie, je n’y arrivais pas, je ne voulais pas. C’était une expérience très perturbante pour moi qui ai toujours un livre à la main !

Eté

Vous le savez sûrement, je travaille dans l’édition. Alors, la lecture, c’est à la fois ma passion et mon métier. Pour communiquer sur les titres édités dans la maison dans laquelle je travaille, il fallait bien les connaître un minimum ! Alors… je me suis remise à lire, pour le boulot. Et c’est revenu progressivement.

L’été est arrivé, j’ai pu partir en vacances quelques jours, et j’ai emmené des livres. J’ai lu beaucoup moins que d’habitude, mais je me suis réconciliée avec la lecture. J’ai surtout pris des choses légères, qui me faisaient envie. J’adore l’été, car c’est le moment où je mets vraiment de côté toutes mes obligations de lecture, qu’elles soient d’ordre professionnelles ou personnelles (avec le blog, il ne faut pas croire ! Même si je lis ce que je veux, je continue à ressentir une insidieuse pression. Mais ça, c’est un autre sujet dont on parlera plus tard, si vous en avez envie). L’été, c’est la période où je prends ma liseuse et où je me lance les yeux fermés dans des lectures que j’ai fait patienter toute l’année parce que toujours d’autres priorités. L’été, c’est le moment où j’écoute mon instinct et où je fais de belles découvertes. Bref, la lectrice en moi adore l’été.

Automne

C’est réellement après cet été et ces vacances que j’ai peu à peu retrouvé mon rythme.
J’ai aimé le deuxième confinement car il m’a permis de donner un gros coup de frein à toutes mes angoisses. Cette fois, j’ai voulu éviter la panne de lecture et je me suis lancée un défi : lire un classique. Et pas n’importe lequel : Le Comte de Monte Cristo, un beau pavé de 1600 pages ! Ca aurait pu être une très mauvaise idée, mais bien au contraire. Je me connais bien : il suffisait de tester ma capacité à surmonter le défi pour le réaliser. Je ne me suis pas défilée, je l’ai tenu, et j’en suis vraiment fière. J’ai donc fait le choix de lire un classique par an, a minima, parce que j’aime découvrir des textes qui ont traversé les temps.

Aujourd’hui

Quand je regarde le bilan de mes lectures de 2020, j’ai presque « honte ». Incroyable non ? Je ne pensais pas ressentir ça un jour, et pourtant. Je n’ai lu « que » 54 livres, alors qu’habituellement j’en lis minimum une centaine. Mais qu’est-ce qu’on s’en fiche. Ca n’est rien d’autre qu’un nombre. Et parmi ces 54 livres, il y avait de vrais trésors.

Aujourd’hui, je suis toujours en télétravail, mais pour le bien de ma santé mentale, j’ai appris à savoir m’arrêter et à reprendre des horaires classiques. Je ne déborde plus sur mon temps personnel, je change de pièce une fois ma journée de boulot terminée, et j’éteins l’ordinateur que je ne rallume que le lendemain (alors qu’avant, il tournait en permanence, et même avant d’aller me coucher, je jetais un oeil à mes mails). Je me suis réhabituée à la lecture, tout en ayant de nouveaux réflexes : je lis beaucoup moins lorsque je suis avec mon amoureux, et je profite toujours de son absence pour gloutonner les lectures. Finalement, ma vie de couple aussi a eu un impact sur ma vie de lectrice, et ce serait mentir que de le nier.

Quand je lis, je me sens souvent coupable. J’ai envie de me dépêcher pour vite, vite passer à un autre livre, tout ça dans l’espoir de faire baisser ma pile à lire.
Un jour, peut-être, je vous expliquerai mon rapport aux SP. A comment mon déménagement a pu être un excellent levier pour me faire prioriser ma PAL. A mon rapport totalement désacralisé aux livres. Si cela vous intéresse.
En attendant, je vous laisserai me parler de votre expérience de la lecture pendant le confinement en commentaire. Quant à moi, je retourne me plonger dans mon roman en cours – le sixième tome des Cités des Anciens de Robin Hobb.

Mélusine

6 réponses

  1. je dis « le » aussi et pas « la » (nan mais oh, pourquoi ça aurait changé entre temps !!)
    Pour ma part, faut être lucide, je n’ai jamais connu réellement de confinement. Hormis pour les voyages, sinon j’ai continué à bosser en présentiel tout le temps ou presque, on ne s’est jamais vraiment arrêtés et au contraire, j’ai beaucoup plus de boulot avec ce stress de ne pas savoir où on va… Donc 2020 a été l’année où j’ai le plus lu et 2021 commence pas mal aussi !!

  2. Coucou toi
    Moi aussi je dis le Covid hihihi
    Pour ma part je me suis retrouvée au chômage partiel en mars avec les librairies fermées. J’avais vu là l’occasion de dégommer ma pile à lire… et puis en fait je me suis rendue compte que j’ai fait autre chose que je ne faisais plus comme le tricot par exemple. Bon j’ai quand même garder un bon rythme je ne vais pas mentir. Cette pandémie m’a surtout enlevée la pression. Même si encore à l’heure d’aujourd’hui j’ai des SP dans ma pal depuis quelques semaines/mois et bien tant pis. Je me suis enlevée le mot :Il faut que je lise. Retrouver le plaisir à été le mot d’ordre. Aujourd’hui je garde tjs ce mot à l’esprit. Après comme toi je peux dévorer et enchaîner les livres comme je l’ai fait cette semaine. Et puis parfois je ne lis qu’un livre. Mais c’est pas grave j’ai fait autre chose et c’est que j’avais besoin de ça. Des bisou à toi

    1. Je suis contente que tu aies retrouvé le plaisir et la pression en moins. C’est fou comme nous sommes nombreux.ses à la subir ! Et la plupart du temps, nous sommes les seul.e.s à se la mettre, cette foutue pression…

  3. Hello Mélusine !

    J’ai énormément lu pendant le 1er confinement j’ai étais en chômage partiel de mars a fin avril 2020. Cet été je suis parti en vacances chez mes parents j’étais en lecture ralentis avant de partir bloqué sur « un palais de cendres et de ruines » j’ai pu le finir chez mes parents et je me suis avalée des Aurelie Valogne ensuite. J’ai garder un bon rythme de lecture jusqu’a décembre et l’ambiance anxiogène du au fait que l’on était sur de rien pour les fêtes. Bilan 2020 :68 livres lus. La depuis janvier je carbure de fou deja 24 livres à mon compteur et je compte pas m’arrêter en si bon chemin

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