Celle dont j’ai toujours rêvé
Meredith Russo

Cela fait fort longtemps que ce roman m’attend dans ma PAL. Je me souviens encore des avis élogieux que j’avais vu passer sur les réseaux sociaux au moment de sa sortie. Je crois qu’il a atterri ici grâce à Evelyne, que je remercie donc au passage.

Le résumé

Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir vraiment aux autres.
Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Alors qu’ils passent de plus en plus de temps ensemble, Amanda comprend qu’en se protégeant ainsi, elle passe à côté de sa vie. Elle sait qu’elle doit se faire violence et lui révéler qui elle est vraiment, mais elle est terrifiée à l’idée que cela le fasse fuir…

Mon avis

Ce roman aborde un sujet très peu exploité en littérature, et particulièrement en YA : celui de la transexualité. L’adolescence est une période très compliquée dans une vie, et plus particulièrement j’imagine lorsque l’on est nés dans le mauvais corps, dans un corps qui ne correspond pas à la personne que l’on est réellement. Je ne vous apprends rien en vous disant que les adolescents ne sont pas tendres entre eux, c’est pourquoi ce roman prônant la tolérance me paraissait une lecture indispensable.

Amanda est une héroïne touchante, mais qui m’a un peu agacée par moments. Tout le monde n’a de cesse de lui répéter à quel point elle est belle, pourtant elle n’y croit jamais et c’est ce qui m’a légèrement fait lever les yeux au ciel. En dehors de ça, c’est une ado très secrète et profondément marquée par ce qu’elle a vécu avant son emménagement avec son père, on comprend pourquoi. Elle évolue énormément au fil des pages, et c’est en partie lié aux personnages qui croisent sa route.
Très vite, elle rencontre Grant que j’ai tout de suite aimé de tout mon coeur. J’ai aimé que sa réaction soit si authentique, je n’y aurais pas cru s’il avait réagi de manière parfaite du début à la fin, cela aurait atrocement manqué de crédibilité.

J’ai trouvé ce roman savamment dosé, le ton est juste. Il n’est pas moralisateur, mais il ne traite pas le sujet à la légère non plus. C’est pourquoi je pense qu’il s’agit d’un roman indispensable à placer entre les mains de jeunes ados.
Si vous avez besoin d’un argument supplémentaire pour vous lancer, sachez que c’est un livre qui se lit très rapidement. Les pages défilent sans que l’on ait le temps de les compter, le rythme est soutenu et l’intrigue est prenante.

En conclusion

Cette lecture m’a apporté exactement ce que j’attendais d’elle : un concentré de tolérance, un attachement tout particulier à une héroïne touchante et hors du commun, et un petit boum au coeur. Même si l’intrigue ne m’a nullement surprise et que tout s’est déroulé exactement comme je m’y attendais, j’ai savouré cette lecture que je recommande tout particulièrement à un public adolescent. 

La Parisienne

4 réponses

  1. Hello,

    Je me permets de te signaler que tu utilises un terme inapproprié dans ta critique : « transexualité ». C’est un terme qui n’est pas utilisé par les militants parce qu’il est associé à un passé très douloureux où les psychiatres considéraient que c’était une déviance sexuelle et une pathologie mentale. Or, l’orientation sexuelle et l’identité de genre sont quelque chose de très différents, et bien sûr il est évident qu’être transgenre n’est pas preuve de problème psy* (c’est plutôt la transphobie latente de notre société qui peut générer beaucoup de souffrances et de douleurs).
    Il faut donc lui préférer le terme de transidentité et parler de personne transgenre.

    Ensuite, je crois qu’il est maladroit de dire que ces personnes sont nées dans le « mauvais corps », qui renvoie à l’idée qu’elles sont une erreur (un peu l’équivalent de l’expression « garçon manqué » qui est extrêmement oppressive pour les filles qui ne présentent pas les « caractéristiques naturelles » liées à leur genre et identité sexuelle). Elles sont nées dans leur corps, qui est le bon, mais leur assignation n’est pas en accord avec leur identité de genre. De parler de « mauvais corps », c’est un terme là encore oppressif et inapproprié.

    Je te renvoie, si la question t’intéresse, à la page d’Assignée garçon (sur FB ou sur son tumblr) et à cet article : https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/06/02/le-mythe-detre-ne-e-dans-le-mauvais-corps/ (notamment le point 3)
    ainsi qu’à l’ouvrage d’Anne Fausto Sterling : Les cinq sexes : Pourquoi mâle et femelle ne sont pas suffisants

    Pour revenir au livre, il m’a l’air intéressant et c’est vrai qu’on a besoin de plus de littérature LGBT dans le monde pour ouvrir son esprit à l’altérité !

    1. Bonjour, merci pour ces précisions. Je me doutais bien qu’avec cette chronique, je recevrai des commentaires qui me signaleraient que je n’y connais rien, et je ne vais pas mentir… c’est le cas. Je me contente de reprendre les mots employés dans le roman.
      Bonne journée et merci pour ces précisions !

  2. Au temps pour moi, je n’avais pas compris que tu reprenais les propos du livre à ce sujet. Toutefois, les mots employés dans le roman peuvent aussi souffrir d’un biais de la part d’un·e traducteur·ice qui ne connaitrait pas forcément bien la question.
    Je ne cherchais pas à « t’attaquer » là-dessus, juste te signaler la maladresse de certains propos que l’on tient toustes lorsque l’on ne connait pas très bien le sujet avec quelques références qui m’avaient aidé à l’époque pour bien nommer les personnes sans les offenser et les renvoyer à une fausse réalité.
    Bonne journée et bonnes lectures à toi.

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