Ce qu’il faut d’air pour voler
Sandrine Roudeix

Lorsque les éditions Le Passage m’ont contactée pour me proposer cette lecture, j’étais hésitante : tellement de livres dans ma pile à lire qui réclament d’être lus depuis si longtemps… pourtant, à la lecture du résumé, il y avait ce je ne sais quoi qui m’appelait et qui me semblait très prometteur. Je ne regrette pas de m’être lancée !

Le résumé

Que devient une mère quand son tout-petit s’en va ? En s’appuyant sur des photos de famille qu’on ne voit pas, Sandrine Roudeix traverse vingt ans de fusion et de défusion maternelles, démêlant les fils qui tressent la séparation inévitable d’une mère célibataire et de son garçon. Dans un roman où affleurent à chaque page l’amour et la tendresse, où la grâce naît de la vérité et de la mise à nu toujours sincère et parfois crue des situations, elle interroge la manière dont une jeune fille devient femme en devenant mère et dresse le portrait lumineux d’une double émancipation.

Mon avis

Dès qu’un enfant naît, une mère naît à son tour. C’est un constat simple, mais c’est pourtant ainsi que l’on pourrait résumer ce très beau roman de Sandrine Roudeix dont on va suivre l’évolution tout au long de notre lecture, à travers des portraits photographiques de son fils.

Je suis entrée facilement dans ce roman qui nous présente l’histoire d’une mère qui va progressivement apprendre la parentalité aux côtés de son fils unique, qu’elle aime d’un amour tendre et qui se révèlera pourtant par la suite très conflictuel.
La narratrice m’a plu dès le départ, par ses choix. Elle n’est plus heureuse dans un schéma conventionnel et n’hésitera pas à développer son sentiment d’insécurité pour tenter de trouver un nouvel équilibre. J’ai parfois été chiffonnée par ses réflexions sur le genre, le père et la mère, la virilité, la masculinité. Je n’étais pas toujours d’accord avec cette vision manichéenne qui ne me paraissait pas très actuelle, un peu trop genrée. Mais en dehors de ça, j’ai beaucoup aimé ses réflexions sur sa maternité, ses angoisses, ses questionnements.

J’ai assisté, impuissante, à ces sentiments qui déchiraient cette mère, à ces reproches qui me paraissaient si durs à encaisser de la part de ce fils tellement distant. J’ai pourtant aimé cette remise en question permanente de la part de la narratrice, qui prend conscience de ses failles, qui aspire à s’améliorer sans toujours trouver sa place. Quelle femme forte.

En conclusion

Un roman touchant et intime sur la naissance d’une mère et d’un enfant. Ce récit est un cri d’amour que lance l’autrice à son fils, dont nous suivons l’enfance et l’adolescence avec beaucoup de tendresse et d’attachement. Une très belle lecture sans prétention qui a su me toucher par sa simplicité.

Mélusine

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